👏 des nouvelles de Juliette SAILLOUR ! 👏
🚩Mon début de saison (fall season) aux États-Unis : une nouvelle expérience golfique et personnelle
Bonjour à tous,
Je suis arrivée au Texas à la fin du mois d’août pour intégrer Texas Wesleyan University, et mes premiers mois aux États-Unis se sont globalement très bien passés, même si la réalité a été quelque peu différente de ce que j’avais imaginé avant mon départ.
J’ai notamment été surprise par le fonctionnement de la structure golfique universitaire. Finalement, l’organisation des entraînements ressemble assez à celle que je connaissais en France, avec seulement deux séances collectives planifiées par semaine. La principale différence réside dans l’aménagement de mon emploi du temps universitaire : je termine les cours à 13 heures chaque jour, ce qui me permet de consacrer mes après-midi au golf. En dehors des séances collectives, je dois donc organiser moi-même mes entraînements afin de continuer à progresser en toute autonomie.
L’organisation quotidienne demande également une certaine adaptation, notamment parce qu’il n’y a pas de transports en commun permettant de rejoindre facilement le parcours. Lorsque personne ne s’y rend, je dois donc prendre un Uber pour pouvoir m’entraîner. Petit à petit, j’ai trouvé mon propre rythme et mis en place une organisation qui me permet de concilier études, golf et vie quotidienne.
La vie sur le campus est néanmoins très pratique, puisque tout est à disposition : cafétéria, salle de sport, bibliothèque, Starbucks… Cette expérience me permet ainsi de découvrir un nouvel environnement et de gagner progressivement en indépendance.
Les États-Unis représentent tout de même un véritable changement de repères. La mentalité, la langue, la nourriture et, bien sûr, les conditions de jeu sont différentes de celles que je connaissais en France. Au golf, l’une des principales difficultés a été de m’adapter à l’herbe, notamment le bermuda, et aux parcours américains, dont les caractéristiques peuvent beaucoup varier d’un tournoi à l’autre.
Mon premier tournoi s’est déroulé à Hawks Creek, le parcours sur lequel nous nous entraînons. J’y ai joué +9, +7 et +4, avec une progression au fil des tours. L’herbe présente beaucoup de grain, ce qui influence fortement le comportement de la balle et rend notamment le petit jeu autour des greens particulièrement compliqué pour moi. C’est une adaptation technique importante, qui demande du temps et de la pratique.
Le deuxième tournoi, dans l’Iowa, s’est beaucoup mieux passé. J’ai joué +5, -2 et -2. L’herbe, de type fétuque, et les conditions de jeu étaient plus proches de ce que je connais en France. J’ai ainsi pu retrouver davantage de sensations, mieux lire les greens et jouer deux tours sous le par. Ce résultat m’a fait du bien et m’a rappelé que j’étais capable de produire du bon golf dans un environnement qui me correspond davantage. J’ai terminé à la 8e place de ce tournoi avec ma première trace sur les journaux américains.
Le tournoi suivant, en Géorgie, s’est déroulé sur un parcours très exigeant, avec là encore beaucoup de grain, de bunkers et de pièces d’eau. J’ai rendu des cartes de +11, +6 et +7.
Enfin, la semaine dernière, j’ai participé à un tournoi en Floride, dans des conditions météorologiques difficiles, avec des rafales de vent pouvant atteindre 50 km/h. J’y ai joué +6, +9 et +8. C’est un résultat un peu frustrant, car j’ai apprécié le parcours et j’aurais aimé mieux concrétiser mes sensations de jeu.
Malgré les difficultés et les ajustements que cette première saison me demande, j’ai également vécu un très beau moment : j’ai réalisé mon premier trou en un lors d’une compétition organisée pour récolter des fonds au profit de notre équipe universitaire ! Une belle surprise et un souvenir que je garderai longtemps, qui vient apporter une touche particulière à cette première expérience américaine.
Au-delà des parcours, le format même des compétitions américaines représente un véritable changement par rapport aux Grands Prix en France. Ici, nous jouons généralement 36 trous le premier jour, puis 18 trous le deuxième jour. Enchaîner deux tours dans la même journée demande beaucoup d’énergie et de concentration. La fatigue physique s’accumule au fil des heures, mais la fatigue mentale est tout aussi importante : il faut réussir à rester lucide, concentrée et régulière malgré la longueur de la journée. Ce format m’oblige donc à apprendre à mieux gérer mon effort, mon alimentation, ma récupération et mes émotions sur la durée.
Le rythme de jeu est également très différent. Les départs se font en shotgun, c’est-à-dire que les joueuses commencent simultanément sur différents trous du parcours. Plusieurs départs, parfois répartis entre les positions A et B sur un même trou, peuvent rendre le déroulement de la compétition particulièrement lent. Il arrive ainsi qu’une journée de 36 trous dure jusqu’à 12 heures. Nous jouons également en voiturette, ce qui change les habitudes et les sensations par rapport au jeu à pied que je connais en France. Malgré la voiturette, ces journées restent éprouvantes, car le temps passé sur le parcours, l’attente entre les coups et la nécessité de rester concentrée pendant de longues heures rendent l’expérience très différente de celle des compétitions françaises.
Au fil de ces tournois, je découvre les particularités des parcours américains : des fairways souvent assez larges, mais avec de nombreuses pentes, ainsi que des greens dont les formes, les ondulations et le grain rendent la lecture parfois difficile. Je dois apprendre à mieux comprendre ces parcours, à adapter ma stratégie et à accepter que certaines choses prennent du temps.
Au-delà de l’aspect purement technique, cette première partie de saison est aussi un véritable apprentissage personnel. Être loin de mes repères, organiser seule mes entraînements et gérer les déplacements m’obligent à devenir plus autonome et plus responsable. Je travaille également sur la gestion de mes émotions et de ma frustration, notamment lorsque les résultats ne sont pas à la hauteur de mes attentes. C’est un aspect essentiel de mon évolution, car je sais que ma progression passe aussi par ma capacité à rester patiente, à prendre du recul et à tirer des enseignements de chaque expérience. Ce n’est pas toujours facile, mais cela fait partie du travail que je dois accomplir pour continuer à avancer.
Je suis désormais en période d’intersaison (off-season), ce qui va me permettre de consacrer davantage de temps à l’entraînement. Mon objectif est de mieux apprivoiser les parcours américains, de progresser dans les secteurs qui me posent encore des difficultés et de gagner en régularité afin d’aborder la prochaine saison avec davantage de confiance.
Cette première expérience est donc faite de découvertes, d’adaptations, de moments encourageants et de quelques frustrations. Même si tout ne se déroule pas exactement comme je l’avais imaginé, elle m’apprend beaucoup, aussi bien sur le plan sportif que personnel. Je suis consciente du travail qu’il me reste à accomplir, mais je suis motivée pour continuer à progresser, à apprendre et à tirer le meilleur de cette expérience aux États-Unis.
Merci à tous pour votre lecture et votre soutien.
À bientôt pour la suite de la saison !
Go RAMS !